DEFENSE DE SALIVER DES YEUX !

«On peut dire que la mort se montre chaque fois que vous commencez à vous voir comme les autres vous voient.» ( Philippe Sollers)

vendredi 31 juillet 2009

1246 : Ne rien demander

9 juin 1978

Ce matin, traversé l'église Saint-Sulpice, dont la simple vastitude architecturale m'enchante : être dans l'architecture - Je m'assieds une seconde; sorte de « prière » instinctive : que je réussise le livre Photo-Mam. Et puis je remarque que je suis toujours à demander, à vouloir quelque chose, toujours tiré en avant par le Désir enfantin. Un jour, s'asseoir au même endroit, fermer les yeux et ne rien dmander...
Nietzsche : ne pas prier, bénir.
N'est-ce pas cela que le deuil devrait amener ?

Roland Barthes, Journal de deuil. Editions Seuil/Imec, 2009, p.148.


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mardi 28 juillet 2009

1245 : Requête (mots clés)

Rimbaud
Dieu de la mort
juive nue
Cheval defence le bitte homme

Philippe sollers

Yeux révulsés

Grosse bite de chien dans vagin
Eric chedeville

Mantô
Tailleur chartreux
Langue musique dans sexe

Caterina Murino nue
Poemes sur la mort
Félicien marboeuf
Photoquai 2009
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Larmes artificielles
1230
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vendredi 24 juillet 2009

1244 : 14 juillet 1995

(...) La phase 2 de l’opération d’extermination commence dans la nuit du 13 au 14 juillet, lorsqu’un premier convoi quitte Bratunac vers Zvornik, au nord. Les prisonniers sont informés qu’ils vont être transférés en vue d’un échange. Ils sont emmenés dans les écoles de Grbavci et de Petkovci. Ceux détenus à l’école de Grbavci ont été exécutés à Orahovac, près de l’école (avec des bandeaux placés sur les yeux).

Jean-René Ruez, commissaire de police, a dirigé les enquêtes du TPIY sur  le massacre de Srebrenica de juillet 1995 -de 1996 à 2001.

(...) Les hommes qui se sont réfugiés à Potocari pensant bénéficier de la protection des Nations unies ont été remis aux forces serbes de Bosnie, certains après avoir été désarmés par les Casques bleus eux-mêmes. Ce sont environ 700 hommes qui avaient trouvé refuge dans la base de la FORPRONU de Potocari, tandis que près de 2 000 autres étaient dans les champs et les hangars à l’extérieur de la base des Nations unies. Sous prétexte de protéger les femmes et les enfants, tous les hommes de Srebrenica ont été considérés par les soldats de la paix comme des " combattants potentiels ". Ils ont été remis aux forces serbes de Bosnie. Peu importe qu’ils aient été des " non combattants ", désarmés. Peu importent les coups de feu dans les hangars situés à proximité de la base de la FORPRONU à Potocari, manifestations sonores des exécutions qui avaient déjà commencé.

Audition de M. Pierre SALIGNON, Directeur des opérations de Médecins sans frontières,


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jeudi 23 juillet 2009

1243 : j'étais jaloux

Le soir indiqué, j'arrivait de bonne heure. Il n'y avait encore qu'un très petit nombre d'invités réunis autour de Madeleine, près de la cheminée du premier salon. Quand elle entendit annoncer mon nom, par un élan de familiarité qu'elle ne tenait nullement à réprimer, elle fit un mouvement vers moi qui l'isola de son entourage et me la montra de la tête aux pieds comme une image imprévue de toutes les séductions. C'était la première fois que je la voyais ainsi, dans la tenue splendide et indiscrète d'une femme en toilette de bal. Je sentis que je changeais de couleur, et qu'au lieu de répondre à son regard paisible, mes yeux s'arrêtaient maladroitement sur un noeud de diamants qui flamboyait à son corsage.

Eugène Fromentin, Dominique. Ed. Ministère de léducation nationale, 1972, p.175.


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mercredi 22 juillet 2009

1242 : Je veux tout le bonheur

Je n'ai jamais aimé que vous, poursuivit-elle, depuis cette nuit de décembre où je vous ai vu en chemin de fer, comme je venais de quitter mon couvent d'Avila. Je vous aimais d'abord parce que vous êtes beau. Vous avez des yeux si brillants et si tendres qu'il me semblait que toutes les femmes avaient dû en être amoureuses. Si vous saviez combien de nuits j'ai pensé à ces yeux-là. Mais ensuite je vous ai aimé surtout parce que vous êtes bon. Je n'aurais pas voulu lier ma vie à celle d'un homme égoïste et beau, car vous savez que je m'aime trop moi-même pour accepter de n'être heureuse qu'à moitié. Je voulais tout le bonheur et j'ai vu bien vite que si je vous le demandais, vous me le donneriez.
- Mais alors, mon coeur, pourquoi ce long silence ?
- Parce que je ne me contente pas de ce qui suffit à d'autres femmes.

Pierre Louÿs, La femme et le pantin. Editions Lbrio, 1994, p.79.


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lundi 20 juillet 2009

1241 : Boom

sordi

Un homme - Alberto Sordi- se retrouve au bord de la ruine après une accumulation de dettes. Aucun moyen ne lui est offert pour redresser la barre. Il désire à tout prix maintenir son niveau de vie afin de garder l'amour de sa femme- Gianna Maria Canale. En dernier espoir, il consent à s'amputer physiquement et à vendre un oeil...


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jeudi 16 juillet 2009

1240 : Warhol & Osée

Les enchères ne pourront dès lors que monter : dans la bulle du marché de l'art, d'abord, que Warhol traite magistralement, dès 1966, à l'hélium argenté et à la tête de veau sur papier peint;

Pierre Guglielmina, Jeune homme de l'artiste en portrait. L'Infini n°106, 2009, p.31.

*.*

Ils continuent à fauter à présent,
avec leur argent ils se coulent une image fondue,
des idoles selon leur savoir-faire : produits d'artisan, tout ça !
D'eux l'ont dit : immolateurs d'hommes,
voilà qu'ils baisent des veaux !

Franz De Haes, Le Livre d'Osée. L'Infini, p.94.


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mercredi 15 juillet 2009

1239 : Ce que je vois

La nuit tombe... Ce qui flotte légèrement dans l'air... Des éclats çà et là... Bellini, Giogione, Titien, Tintoret - Monteverdi, Vivaldi, Galuppi ont vu ce que je vois dans une semblable lumière - Même chaleur dans les yeux...

Marcelin Pleynet, Situation : chroniques vénitiennes. L'Infini n°106, 2009, p.47.


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mardi 14 juillet 2009

1238 : Il est cameraman

Joachim n'a pas 20 ans mais 34 ans.
Il n'habitait pas au squat, mais il participait activement aux nombreuses activités de la clinique
Il est cameraman
Il fabrique des expositions et réalise des films.
Le premier film qu'il a réalisé s'appelle « Magume ». Il l'a réalisé dans un séminaire au Burundi sur la question du génocide. Aujourd'hui, il participe à la réalisation d' un projet dans deux foyers Emmaüs dans un cadre collectif.

On devrait pouvoir réécrire le faux produit par l'AFP en leur réclamant de le publier. Il serait écrit :
Joachim Gatti, un réalisateur de 34 ans a reçu une balle de flashball en plein visage alors qu'il manifestait pour soutenir des squatteurs expulsés. Il a perdu un œil du fait de la brutalité policière.

Stéphane Gatti
Libération 11/07/2009


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lundi 13 juillet 2009

1237 : Que de voir

La Bohème est au bord de la mer Version imprimable Suggérer par mail
Si les maisons par ici sont vertes, je peux encore y entrer.
Si les ponts ici sont intacts, j’y marche de pied ferme.
Si peine d’amour est à jamais perdue, je la perds ici de bon gré.

Si ce n’est pas moi, c’est quelqu’un qui vaut autant que moi.

Si un mot ici touche à  mes confins, je le laisse y toucher.
Si la Bohême est encore au bord de la mer, de nouveau je crois aux mers.
Et si je crois à la mer, alors j’ai espoir en la terre.

Si c’est moi, c’est tout un chacun, qui est autant que moi.
Pour moi, je ne veux plus rien. Je veux toucher au  fond.

Au fond, c’est-à-dire en la mer, je retrouverai la Bohême.
Ayant touché le fond, je m’éveille paisiblement.
Resurgie, je connais le fond maintenant et plus rien ne me perd.


Venez à moi, vous tous Bohémiens, navigateurs, filles des ports et navires
jamais ancrés. Ne voulez-vous pas être bohémiens, vous tous, Illyriens,
gens de Vérone et Vénitiens ? Jouez ces comédies qui font rire

Et qui sont à pleurer. Et trompez-vous cent fois,
comme je me suis trompée et n’ai jamais surmonté les épreuves,
et pourtant les ai surmontées, une fois ou l’autre.

Comme les surmonta la Bohême, et un beau jour
reçut la grâce d’aller à la mer, et maintenant se trouve au bord.

Ma frontière touche  encore aux confins d’un mot et d’un autre pays,
ma frontière touche, fût-ce si peu, toujours plus aux autres confins,

Bohémien, vagabond, qui n’a rien, ne garde rien,
n’ayant pour seul don, depuis la mer, la mer contestée,
que de voir
le pays de mon choix



Ingeborg Bachmann . Traduit de l’allemand par Françoise Rétif.
Poèmes, Ingeborg Bachman (trad. René Daillie ), Editions Actes Sud 1985.


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