dimanche 5 juillet 2009
1232 : Des lunes de moisson
Tasse-de-thé change de sujet : « Récite-moi un poème, ton meilleur. »
Le visage de Dents-de-lapin s’éclaircit, ses yeux écarquillés se mettent à briller, ses dents s’élancent vers l’avant en un immense sourire. Ce gars porte son cœur sur la manche, comme on dit chez nous, et l’émotion de chaque moment se lit aisément sur le livre grand ouvert de ses traits.« Avec plaisir, Monsieur ! J’ai écrit ce haïku par une nuit de pleine lune dans le champ de riz de mon père ! Du fond d’un fossé, un chat me fixait. Au début, je ne me rendais pas compte qu’il était mort, son regard reflétait le clair de lune. Puis j’ai vu que son corps était raide, et qu’une bonne moitié de ce corps traînait sous l’eau noire. Donc, voilà :
« Dans les yeux du chat mort
des lunes
de moisson. »
David Gérard Lanoue, Fou de haîkus. Editions La part commune
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