DEFENSE DE SALIVER DES YEUX !

«On peut dire que la mort se montre chaque fois que vous commencez à vous voir comme les autres vous voient.» ( Philippe Sollers)

mardi 10 novembre 2009

1292 : Allo Docteur

•Cactus a dit : La presbytie > Bonjour, doit-on attendre l âge de la fin d évolution de la presbytie (environ 60 ans ?) pour être opéré, ou peut-on être opéré avant ? Dans ce cas, faut-il une nouvelle intervention plus tard, lorsque la presbytie est stabilisée ? Merci.

Dr Catherine Albou-Ganem, ophtalmologiste a répondu : On peut opérer avant.

•melha a dit : La presbytie > à 66 ans peut-on bénéficier de l opération corrective de l astigmatisme et de la pesbytie merci pour la réponse

Dr Tourmente - Bonjour-docteur.com a répondu : oui

•ghita a dit : La myopie > pour une forte myopie, est ce qu il existe une intervention pour la corriger si la corné est fine?

Dr Catherine Albou-Ganem, ophtalmologiste a répondu : Lentilles intra-occulaires.

•mjuk a dit : La presbytie > Après opération correction forte myopie avec implant, puis-je me faire opérer pour supprimer lunettes en corrigeant myopie résiduelle, astigmatisme et presbytie ?

Dr Catherine Albou-Ganem, ophtalmologiste a répondu : Oui.

•sensei a dit : La presbytie > Avec un décollement du corp vitré sur un oeuil peut-on se faire opérer pour presbytie et ou myopie ? J ai 50 ans

Dr Catherine Albou-Ganem, ophtalmologiste a répondu : Oui.

•oeilexpert a dit : La presbytie > Quels sont les examens précis à effectuer avant la chirurgie de la prsbytie?

Dr Catherine Albou-Ganem, ophtalmologiste a répondu : Trés nombreux.

•redred a dit : La myopie > est ce qu une myopie mal corriger peut s aggraver plus que si elle est bien corriger ?

Dr Catherine Albou-Ganem, ophtalmologiste a répondu : Eventuellement.


Allo Docteur France 5 Emission du 10 novembre


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lundi 9 novembre 2009

1291 : Anna, Sparadrap t'aime

Je t'aime, Anna, pense Stan, je vais te le dire aujourd'hui, ce soir, tu m'écouteras et tu fermeras les yeux. J'ai envie que tu fermes les yeux.

Hervé Le Tellier, Assez parlé d'amour. Edition JC Lattès, 2009, p.154.


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lundi 2 novembre 2009

1290 : Fixement !

Marchant sur une racine
je lève les yeux
vers l'arbre gelé

Takaha Shugyo 1930

Les yeux du faisan
au marché
ce que c'est d'être vendu
Shuson Kato (1905-1993)

Alité
un arbre en hiver
attire mon regard
Shuson Kato  

Yeux fixés sur une main
qui libère avec soin
une sauterelle piégée
SEISHI YAMAGUCHI (1901-1994)

Je me remets, oui ~
mais mes yeux sont fatigués
de ne voir que des roses !
MASAOKA SHIKI (1867-1902)

Un chat en rut
qui est si maigre maintenant ~
on ne lui voit presque que les yeux
NATSUME SOSEKI (1867-1916)

Oui, un borgne m'a regardé fixement
HÔSAI OZAKI (1885-1926)

Qu'il fait mal
aux yeux
ce soleil d'hiver
TAKAHAMA KYOSHI (1874-1959)

 Haiku Spirit Traduction : Gilles Fabre


 

 

 

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dimanche 1 novembre 2009

1289 : « Tout image est un discours.»

Olivier Renault : « Dans Palettes, vous dites que l'oeil n'est qu'un organe grossier. On ne voit pas avec ses yeux (ou seulement un peu), mais avec sa langue, son oreille, sa mémoire des mots (peut-être bien aussi son odorat). Sans énonciation, pas d'éveil de l'image. » « Tout image est un discours.»  Et aussi : « Seule la jouissance des mots transcrit celle des images.»  Tout cela me parait hautement catholique...

Alain Jaubert : Oui, ... Je ne crois pas qu'on puisse voir une image (que ce soit un tableau, un paysage ou une personne) et l'apprécier sans avoir déjà des instruments pour la décrire, l'analyser, la comparer à d'autres images déjà vues et l'introduire ainsi dans un circuit perception-jouissance (ou dégoût) qui ne peut VAN_LO_1reposer que sur une verbalisation très élaborée. La perception d'une image relève à la fois des lois de l'optique, lois de notre oeil que nous avons répercutées sur tous les instruments qui servent à voir : loupe, appareil photo, caméra et même fenêtres des maisons, et aussi des structures linguistiques qui nous permettent de nommer les choses et de faire correspondre à chaque chose des agencements de concepts.

(Jacob Van Loo: 1614-1670, Le Coucher à l’italienne)




Le Trait n°12, 2005.
Le voyageur Français, A.Jaubert/ O.Renault, p.62.


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samedi 31 octobre 2009

1288 : Comme envoûtée

Il se meut, comme dans un air plus ductile, dans le pouvoir infini qu'il a sur elle; il la baise ici et là, selon son idée ou sans idée; il pose les yeux ici et là, et chaque fois, comme envoûtée, elle ôte de l'endroit qu'il a désigné de ses yeux quelque tissu qui la couvrait là.

Henry de Montherlant, Pitié pour les femmes. Editions SEPE, 1948, p.22.


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jeudi 29 octobre 2009

1287 : 35 ans en arrière

Des femmes avec leurs bébés, elles les allaitent
en public,
mais elles n'ont pas...
pas de seins...
c'est plat.
Ces bébés aux yeux fous, qui vous regardent.

Claude Lanzmann, Shoah. Editions Folio n°3026, 1997, p.250.


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mercredi 28 octobre 2009

1286 : Harmonie première

Je me promenai le soir plein de sérénité aux rayons de la lune, et en levant les yeux vers les arbres, il me semblait que les feuilles se roulaient capricieusement de manière à former des images de cavaliers et de dames, portés par des chevaux caparaçonnés. C'étaient pour moi les figures triomphantes des aïeux. Cette pensée me conduisit à celle qu'il y avait une vaste conspiration de tous les êtres animés pour rétablir le monde dans son harmonie première, et que les communications avaient lieu par le magnétisme des astres, qu'une chaîne non interrompue liait autour de la terre les intelligences dévouées à cette communication générale, et que les chants, les danses, les regards, aimantés de proche en proche, traduisaient la même aspiration. La lune était pour moi le refuge des âmes fraternelles qui, délivrées de leurs corps mortels travaillaient plus librement à la régénération de l'univers.

Gérard de Nerval, Aurélia. Editions Garnier Flammarion n°250, 1972, p.179.


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samedi 24 octobre 2009

1285 : Ironie

Comme c'était un gros vaisseau, une petite artère, on la voit ici, l'hémoragie a détruit la macula, c'est-à-dire l'endroit sur la rétine où l'oeil focalise.
- Une artère qui pète, c'est vraiment pas de veine, ironise Simon.

Hervé Le Tellier, Assez parlé d'amour. Editions JCLattès, 2009, p.91.


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mercredi 21 octobre 2009

1284 : Police des yeux

brooke_shieldSi le modèle est le même, si la similitude des poses saute aux yeux entre les deux photos, il existe une nuance de taille : la première version met en scène une Brooke Shields fillette et nue, la peau huilée, le corps émergeant d'une baignoire et de sa vapeur.

Quelques heures avant l'inauguration du 30 septembre, des policiers spécialisés dans la chasse aux publications obscènes (Metropolitan Police Service Obscene Publication Unit) sont venus constater ce qu'ils estiment être un délit, et ont déconseillé l'ouverture de l'exposition en l'état.

L'alternative était de l'interdire aux moins de 18 ans. "Ce qui ne résout rien, au contraire, cela en fait un aimant pour pédophiles", avait réagi la responsable d'une association de protection de l'enfance, Michele Elliott, dans le Daily Telegraph. Les responsables de la Tate ont donc censuré l'oeuvre de Prince. Ils ont même interdit à la vente le catalogue, qui contient l'image ; une perte estimée par la Tate à 320 000 livres (348 000 €).

Harry Bellet, Le Monde 21/10/2009/ 


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mardi 20 octobre 2009

1283 : il ne se passait rien, mais rien

Voici donc le degré de servitude où cette enfant m'avait amené. (Je passe sur les perpétuelles demandes d'argent qui interrompaient sa conversation et auxquelles je cédais toujours ; - même en laissant cela de côté, la nature de nos relations est d'un intérêt particulier) Je tenais donc chaque nuit dans mes bras le corps nu d'une fille de quinze ans, sans doute élevée chez les soeurs, mais d'une condition et d'une qualité d'âme qui excluaient toute idée de vertu corporelle - et cette fille, d'ailleurs aussi ardente et aussi passionnée qu'on pouvait le souhaiter, se comportait à mon égard comme si la nature elle-même l'avait empêchée à jamais d'assouvir ses convoitises.

D'excuse valable à une pareille comédie, aucune n'était donnée, aucune n'existait Vous en devinerez vous-même la raison par la suite. Et moi, je supportais qu'on me bernât ainsi.

Car ne vous y trompez pas, jeune Français, lecteur de romanset acteur peut-être d'intrigues particulières avec les demi-virginités de villes d'eaux, nos Andalouses n'ont ni le goût, ni l'intuition de l'amour artificiel. Ce sont d'admirables amantes, mais qui ont des sens trop aigus pour supporter sans frénésie les trilles d'une chanterelle superflue.
Entre Concha et moi, il ne se passait rien, mais rien, comprenez ce que veut dire rien. Et cela dura deux semaines entières.

Le quinzième jour comme elle avait reçu de moi la veille une somme de mille douros pour payer les dettes de sa mère, je trouvai la maison vide.

IX (Où Concha Perez subit sa troisième métamorphose)C'était trop.

Désormais, je voyais clair dans cette petite âme de rouée.
J'avais été mystifié comme un collégien et j'en restais confus encore plus qu'affligé.
Rayant de ma vie passée la perfide enfant, je fis effort pour l'oublier du jour au lendemain, par un coup de volonté, une de ces intentions paradoxales dont les femmes escomptent toujours le fatal avortement.
Je partis pour Madrid décidé à me prendre pour maîtresse, au hasard, la première jeune femme qui attirerait mes
yeux.
C'est le stratagème classique, celui que tout le monde invente et qui ne réussit jamais.

Pierre Louÿs, La femme et le pantin. Librio, 1994, p.62-63.


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mercredi 14 octobre 2009

1282 : Adieu

Les yeux des deux jeunes gens se fixèrent sur la ligne indiquée par le marin, et, sur la ligne d'un bleu foncé qui séparait à l'horizon le ciel de la Méditerranée, ils aperçurent une voile blanche, grande comme l'aile d'un goéland.
«Parti ! s'écria Morrel ; parti ! Adieu, mon ami, mon père !
—Partie ! murmura Valentine. Adieu, mon amie ! adieu, ma sœur !
—Qui sait si nous les reverrons jamais ? fit Morrel en essuyant une larme.
—Mon ami, dit Valentine, le comte ne vient-il pas de nous dire que l'humaine sagesse était tout entière dans ces deux mots :
«Attendre et espérer ! »

FIN

Alexandre Dumas, Le Comte de Monte Cristo. Livre de Poche, 1992,Tome.IV, p.531.


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mardi 13 octobre 2009

1281 : Véronique ou Mauricette ?

Il dit, regarde-moi, Antonio, je suis un entrepreneur, tu sais ce que ça signifie ? Que je ne me laisse pas avoir. Que j'ai l'esprit d'initiative. Pas comme ces veaux.

Éric Holder, Mademoiselle Chambon. Editions Flammarion, 1996, p.16.


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samedi 10 octobre 2009

1280 : " Le style, ça se regarde "

C'est cela qui est extraordinaire, car tu n’as jamais la phrase sous les yeux.

Pendant longtemps, j'ai pris à mon compte la réponse qu'avait faite Sartre, quand il est devenu aveugle, à un journaliste qui lui objectait qu'il pourrait dicter. Sartre lui avait répondu non, car « le style, ça se regarde ». Ça m’avait paru évident. La littérature, ça se regarde. C'est une composition de signes noirs sur blanc. On ne peut juger de l'écriture qu'en la regardant. On ne peut juger un texte qu'en voyant la ligne au-dessus et celle qui arrive. Mais finalement, tout cela est faux : la littérature, ça s'écoute. La langue est d'abord orale et il y a des langues sans écriture. Celle-ci arrive très tardivement dans l'histoire des langues. Je me rends compte maintenant que je peux dicter pendant huit heures d'affilée sans besoin de voir, sans que le texte soit une image. Ligne après ligne, je mémorise la construction, même dans le cas d'une phrase très longue : à chaque point, je sais où j'en suis, je sais les mots que j'ai répétés volontairement, j’ai en tête la ponctuation, le rythme, les assonances…

C'est en fait un exercice mental très simple. Et par ailleurs, en dictant, je suis soulagé de tout le processus matériel qui met le corps, la main et l'oeil au travail, qui les fatigue. On est là, voûté, face à la feuille de papier. Quand j'écris sans inscrire, mon corps est au repos. Souvent, je ferme les yeux pour me représenter des choses sans être distrait. Je suis dans un état idéal de l'écriture, débarrassée de sa matérialité. Rien ne freine, aucune résistance, pas de fautes de frappe, pas d'écran qui attaque l’oeil. L'écriture à la main, n'en parlons pas : mon écriture est terrible, parfois je n'arrive pas à me relire. Je dicte donc dans un idéal de la production du texte. Mais le piège de cette technique est que se trouvent parfois favorisées les dimensions sonore et musicale de la langue. Ça peut griser, de dicter des phrases qui deviennent de la musique. Mais mon travail consiste à ce que la langue et le sens aillent le plus loin possible dans leur ajustement. Si je fais des phrases longues, ce n'est pas du tout par coquetterie, c'est parce que je veux épuiser un sujet. Je m'empare d'un thème, d'une description, d'une scène, d'un personnage, d’une idée, et j'ai envie qu'il ne me reste plus rien à en dire.

Tout cela ne me vient que dans le temps de l'écriture. Je suis incapable de projeter le déroulement d'un livre, les péripéties d’un récit. Quand je commence un roman, j'ai le début, parfois le thème. Cela se résume à deux lignes, à un projet que je traîne souvent depuis des années. Pendant tout le temps de la dictée, le texte se dépose virtuellement sur un support pour moi énigmatique. Je ne le vois pas, je ne regarde pas l'écran. La dictée autorise la vitesse. C’est un peu comme une photo que l'on prend avec un appareil argentique. On a saisi une image mais on ne sait pas si elle est bonne ou pas, si elle est surexposée ou floue. Il faut attendre de la développer pour qu'elle apparaisse. Pour l’écriture, c'est pareil : j'attends huit heures et c'est seulement à la fin de la journée, quand je suis fatigué et à cours d'idées, que j'ai absolument besoin de voir. Le texte doit se révéler à mes yeux, comme une photo dans le révélateur, il faut qu’il redevienne une image, comme disait Sartre quand il affirmait que « le style, ça se regarde ». J'effectue alors une sortie papier des dix ou quinze pages que j'ai dictées. J’apporte très peu de corrections. Le texte est joué à quatre-vingt-dix pour cent lors de la dictée. Je pourrais faire aussi une comparaison avec la sculpture en bronze. Le sculpteur fait son moule, coule le bronze dedans, et quand il démoule, l’oeuvre est jouée. Après cela, il reste à patiner, à limer, à assembler, à souder, c’est tout.

Alain Fleischer & J.Henric
Artpress n°359, septembre 2009. p.62.


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vendredi 9 octobre 2009

1279 : Eugène ?

On se croirait à Volterra : salle des Voyages vers la mort en bateau, salle des Voyages vers la mort en chariot, salle des Voyages vers la mort à cheval. Forse che si, forse che no. Quand on marchait dans l’atelier, à Wasquehal, on devenait un Leroy, tant il y avait de peinture partout, et sur le sol, accumulée depuis cinquante ans, mais toujours fraîche.

Christophe_Loizillon
Christophe Loizillon

Cela dit je n’y suis jamais allé. Pourquoi spécialement "polonais" ? Il nous regarde dans les yeux, comme cet autre guerrier au milieu des batailles, chez Ucello. Quatuor à cordes, tons bruns. Le vieux Rembrandt en costume oriental, un peu plus loin, musicalement c’est le même tableau.

Renaud Camus, K. 310 : Journal 2000.Editions POL, 2003.


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jeudi 8 octobre 2009

1278 : Le temps d'un éclair

Je n'ai jamais connu une telle sensation de plénitude et de puissance. Il a fermé les yeux, je ne sais pas ce que sont ces traces humides sous ses paupières, les légers cernes, au creux des tempes un peu de sueur peut-être ou des larmes de fatigue, ça existe sûrement les larmes de fatigue. Le miroir de côté me renvoie notre image, moi comme un fou et lui comme un mort, et cette image me foudroie.
(...)
Trente ans de mauvaise baise pour en arriver là. Je me retire gentiment, allons ce n'était qu'un jeu, rien de grave, nous n'aurons jamais de chance; il s'essuie les yeux, les rouvre, se remet à sourire tandis que je me tourne de côté et plonge à toute allure, inerte, comme une pierre dans le miroir. A-t-il deviné que je l'ai vraiment aimé le temps d'un éclair et que j'ai eu tant pitié de lui, de moi, de toute cette histoire qu'il ne m'était pas possible de continuer et de le laisser comme ça dans un tel abandon.

Frédéric Mitterrand, La mauvaise vie. Editions Robert Laffont, 2005, p.305.


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mercredi 7 octobre 2009

1277 : Tout au moins

Un snobisme infantile m'a conduit à adopter des poses nihilistes et à écrire des petits livres désenchantés susceptibles d'être lus dans la salle d'attente du dentiste.

Je me sentais proche de Schopenhauer et de Cioran et j'étais fasciné par le nihilisme érotique de Louise Brooks. J'ai tenté de ne pas les décevoir. J'ai dispensé à mes lecteurs un pessimisme excessif, mais c'est le seul qui me permette d'avoir un peu de style et de déjouer les désagréments de l'existence.

L'homme élégant, illustré par Romain Slocombe, condense en quelques aphorismes ce que j'ai eu la faiblesse de développer dans d'autres livres. La tentation nihiliste, Le cimetière de la morale, L'enquête de Wittgenstein, Portrait d'une flapper, tous parus aux Puf, ne sont sans doute pas les pires, à mes yeux tout au moins.
Évidemment, ils ne valent pas un suicide réussi. Mais tout le monde ne peut pas être à la hauteur de ses ambitions

Roland Jaccard, Sexe et sarcasmes. Ed PUF, 2009.


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dimanche 4 octobre 2009

1276 : Infini

- Où l’illusion disparaît-elle ?
Le vieil homme aux lunettes cerclées d’acier me regardait aimablement de ses grands yeux tristes. Il me fit signe de le suivre dans l’arrière-boutique, un réduit tendu de velours noir dans lequel il n’y avait que deux chaises. Des chaises banales, comme on voit dans les anciens cafés, au dossier constitué de deux tiges de bois recourbées et vissées au point le plus haut. Je m’assis sur l’une d’elles, face au vieillard qui fit apparaître dans sa main gauche un grand cône de carton d’un rouge brillant et métallique.
- Entre dans ce cône.

Antono Casas Ros à Enrique Vila-Matas


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samedi 3 octobre 2009

1275 : Faites l'amour...

- C'est pour ça qu'on prend des masseurs aveugles...
- Hum, tu sais, si un aveugle me touche les seins, il peut se passer des yeux ! Au bout du compte, faire l'amour, ça vaut tous les massages... La plupart des femmes vieillissent parce qu'elles ne le font pas assez...

Louis Aragon, Aurélien. Folio n°885, 1983, p.360.


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vendredi 2 octobre 2009

1274 : Autoportrait

Alors, que manque-t-il à cet autoportrait ? Les yeux ! « T'as de beaux yeux, tu sais... » C'est ce qu'on me disait du temps où je marchais sur les mains. Mes yeux n'ont pas changé, ils ont été épargnés dans leur forme et leur capacité de voir.


Antoni Casas Ros, Le théorème d'Almodovar. Folio n°4924, 2009, p.86.


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jeudi 1 octobre 2009

1273 : Sans hésitation

Je n'avais jamais vu de tels yeux. Sans hésitation j'adresse la parole à l'inconnue, tout en m'attendant, j'en conviens du reste, au pire. Elle sourit ...

André Breton, Nadja. Editions Gallimard/ Folio n°73, 1974, p.73.


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