lundi 7 septembre 2009

1261 : J'aime les nuages...

      Assise dans la terre fine, les jambes allongées, les mains posées sur les genoux, elle levait les yeux vers le ciel, regardait longtemps les lourds nuages blancs qui changeaient de forme, poussés par un léger vent venu de l’ouest, de la mer. Lucien Suel, La patience de Mauricette. Editions de la Table ronde. 2009, p.14.  
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vendredi 24 avril 2009

1190 : Yeux de marbre

Et ses yeux disent : - « Je suis le dernier et le plus solitaire des humains, privé d'amour et d'amitié, et bien inférieur en cela au plus imparfait des animaux. Cependant je suis fait, moi aussi, pour comprendre et sentir l'immortelle Beauté ! Ah ! Déesse ! ayez pitié de ma tristesse et de mon délire ! »Mais l'implacable Vénus regarde au loin je ne sais quoi avec ses yeux de marbre. Charles Baudelaire, Le Spleen de Paris. Ed Le livre de poche n°1179, 1971, p.26.
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mercredi 22 avril 2009

1189 : Quelqu'un qui vous regarde

Nous retrouvons là un trait fréquent du platonisme pathologique : le malade qui adore de très loin une femme respectable, appelle son image dans les moments où il se livre aux occupations les plus basses : lorsqu'il est aux cabinets, lorsqu'il se lave les parties génitales. Elle apparaît alors et le regarde en silence avec des yeux sévères. Baudelaire entretient cette obsession à plaisir : c'est lorsqu'il est couché près d'une "affreuse Juive", sale, chauve et vérolée, qu'il fait naître en lui l'image de l'Ange. L'Ange... [Lire la suite]
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dimanche 19 avril 2009

1187 : Mirettes

Voilà bien ces yeux dont la flamme traverse le crépuscule; ces subtiles et terribles mirettes, que je reconnais à leur effrayante malice ! Elles attirent, elles subjuguent, elles dévorent le regard de l'imprudent qui les contemple. Je les ai souvent étudiées, ces étoiles noires qui commandent la curiosité et l'admiration. Charles Baudelaire, Le Spleen de Paris. Ed Le livre de poche n°1179, 1971, p.21.
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lundi 13 avril 2009

1184 : Epouvantable jeu

Je crois que j’ai déjà écrit dans mes notes que l’amour ressemblait fort à une torture ou à une opération chirurgicale. Mais cette idée peut être développée de la manière la plus amère. Quand même les deux amants seraient très épris et très pleins de désirs réciproques, l’un des deux sera toujours plus calme ou moins possédé que l’autre. Celui-là, ou celle-là, c’est l’opérateur, ou le bourreau; l’autre, c’est le sujet, la victime. Entendez-vous ces soupirs, préludes d’une tragédie de déshonneur, ces gémissements, ces cris, ces râles ?... [Lire la suite]
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