A 750 milles marins plus à l'ouest, le temps était effectivement magnifique. L'archipel se compose de neuf îles, traversées par le bras chaud du Gulf Stream. Les nuages s'amoncelaient sur chacune d'entre elles, par couches successives, comme de la chantilly, avant d'être soufflés par le vent. C'était un spectacle d'une grande beauté. L'atterrissage à Faïal s'est déroulé en douceur. Nous sommes sortis de la carlingue. L'océan s'étalait sous nos yeux. Le silence était total. « Bienvenue dans l'oeil de l'anticyclone », nous a dit l'hôtesse en français. Avec le recul, j'ai compris pourquoi nous nous sentions si « transportés ». On n'entre pas aux Açores comme on entre dans Zanzibar, à Belgrade ou en Inde. Ce n'est pas un changement physique, mais psychique. Vous vous retrouvez parachuté dans une espèce de monde parallèle !

Frédéric Taddéï
Le Figaro 10/01/2011