lundi 22 mars 2010

1345 : La Matière

Le paraître, c'est de la poudre aux yeux : qu'on en soit aveuglé d'abord, rien de mieux à condition qu'on s'en délivre vite, et que l'Être soit démasqué. Or, sur cette terre sans ciel, l'Être c'est la chose elle-même, telle que Dieu l'a pétrie, enfermée dans son lieu et délaisée. Pour le Tintoret, la substance est tangible. Environné de masses opaques, il s'y cogne et redécouvre à chaque fois son opacité massive. Bref, ce croyant sombre n'admet qu'un absolu : la matière. Jean-Paul Sartre, Le Séquestré de Venise, Situations, IV.... [Lire la suite]
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samedi 10 octobre 2009

1280 : " Le style, ça se regarde "

C'est cela qui est extraordinaire, car tu n’as jamais la phrase sous les yeux. Pendant longtemps, j'ai pris à mon compte la réponse qu'avait faite Sartre, quand il est devenu aveugle, à un journaliste qui lui objectait qu'il pourrait dicter. Sartre lui avait répondu non, car « le style, ça se regarde ». Ça m’avait paru évident. La littérature, ça se regarde. C'est une composition de signes noirs sur blanc. On ne peut juger de l'écriture qu'en la regardant. On ne peut juger un texte qu'en voyant la ligne au-dessus et celle qui... [Lire la suite]
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mercredi 22 avril 2009

1189 : Quelqu'un qui vous regarde

Nous retrouvons là un trait fréquent du platonisme pathologique : le malade qui adore de très loin une femme respectable, appelle son image dans les moments où il se livre aux occupations les plus basses : lorsqu'il est aux cabinets, lorsqu'il se lave les parties génitales. Elle apparaît alors et le regarde en silence avec des yeux sévères. Baudelaire entretient cette obsession à plaisir : c'est lorsqu'il est couché près d'une "affreuse Juive", sale, chauve et vérolée, qu'il fait naître en lui l'image de l'Ange. L'Ange... [Lire la suite]
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