vendredi 7 juillet 2006

722 : O livre, divin sanctuaire

A Octave Uzanne.Sans clarté, dans la nuit profonde,Les paysages les plus beauxNe sont, pour le regard de l'homme,Qu'un trou vide comme la mort.Aussi, quand nul oeil ne les sonde,Chaque livre est un vain tombeauOù dort d'un léthargique sommeUne âme qui peut vivre encor.Mais dès qu'apparaît l'aube claire,Prés verts et bois mystérieux,Nappes d'eau, radieux nuages,Tout fleurit dans les yeux humainsAussi, dès qu'une âme, l'éclaire,Le livre surgit, glorieux,Et de chacune de ses pagesSe dressent des âmes, soudain,L'une est gale et l'autre... [Lire la suite]
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jeudi 6 juillet 2006

721 : Instant magique

Elle s'aperçut qu'il attendait son verdict, un sourire aux lèvres, et elle battit des cils d'un air moqueur. - Je suis sans voix. Positivement subjugée. Mesdames, je me trouve en ce moment devant Romain Valence, l'homme le plus sexy de l'année ! Les mots me manquent pour traduire l'émotion qui m'étreint en cet instant magique... Elle libéra tranquillement son poignet et pivota sur ses talons. - J'espère que je me suis montrée assez convaincante ? lança-t-elle par dessus son épaule d'une voix ironique. Sinon, ce n'est pas... [Lire la suite]
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mercredi 5 juillet 2006

720 : Ils prirent possession de moi

Elle arrivait. Il pleuvait fort et, de ma fenêtre, je n’apercevais que le toit des parapluies, le bas de sa jupe, ses chevilles, toutes choses qui ne m’émeuvraient que plus tard. Je brûlais de descendre mais craignais qu’on me trouvât déplacé. Vertige des voix animées, quand tout peut dépendre d’une seule, et qu’on s’efforce, tendant l’oreille, de démêler son cheminement incertain, ses ponctuations, ses interventions, ses cascades ! On riait, on cherchait des mots. J’eusse préféré mourir que quitter ma chambre et monter ainsi une... [Lire la suite]
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mardi 4 juillet 2006

719 : Ah !

Un jour, je nous revois lui et moi sur la chaussée de la rue de Ravignan. Etions-nous d'abord passés chez lui ? Je ne sais plus. Il me dit, du ton le plus ordinaire : " Figure-toi qu'hier le Christ m'est apparu." J'avais appris, par expérience, qu'avec Jacob il ne fallait s'étonner de rien, et se garder de trop prendre au sérieux ce qui n'était sans doute que le produit de son humeur. Je dus faire, par conséquent, un ah ! des plus quelconques. Il continua : " Tu connais bien ma chambre. Tu vois la penderie qui... [Lire la suite]
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lundi 3 juillet 2006

718 : je sublime

On atteint un cas limite dans un poème de Je sublime, intitulé Attendre qui, si on l'ampute de ses relatives en cascade, n'a plus que ses deux vers de tête (la principale) : "Meurtri par les grandes plaques de temps l'homme s'avance comme les veines du marbre... dans un torrent..." voilà tout ce qui subsiste de ces 18 vers, qui ne parviennent à tromper l'attente amoureuse qu'en se perdant dans un dédale de relatives-images : " ... ton regard où volent d'impalpables papillons de nuit ... [Lire la suite]
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dimanche 2 juillet 2006

717 : Des Bleus plein les yeux

Les Bleus se sont qualifiés pour les demi-finales en éliminant le Brésil grâce à un but de Thierry Henry, sur un coup franc tiré par Zinédine Zidane (1-0, 56e). Mercredi, les Bleus affronteront le Portugal pour une place en finale.
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vendredi 30 juin 2006

716 : Rupture

1er novembre 1887 Il arrivait, montait mes six étages, et tout de suite c'étaient d'interminables discussions politiques ; et, chose bizarre, dans le pauvre cabinet de travail aux murs couverts de petits riens, d'éventails, de typogravures Boussod, d'incroyables portraits, sous le reflet d'une ombrelle rouge, c'était lui, c'étaient ses soixante ans qui parlaient à mes vingt ans de société, de république, d'humanité, c'était le père qui cherchait à éclairer, avec toute là lumière qu'il croyait contenue dans ses grands mots, à... [Lire la suite]
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jeudi 29 juin 2006

715 : Je crois me voir dans le paradis terrestre

Dominé par mes sens quoi que je puisse faire, je n'ai jamais su résister à leurs impressions, et tant que l'objet agit sur eux mon cœur ne cesse d'en être affecté, mais ces affections passagères ne durent qu'autant que la sensation qui les cause. La présence de l'homme haineux m'affecte violemment, mais sitôt qu'il disparaît l'impression cesse ; à l'instant que je ne le vois plus je n'y pense plus. J'ai beau savoir qu'il va s'occuper de moi, je ne saurais m'occuper de lui. Le mal que je ne sens point actuellement ne m'affecte en... [Lire la suite]
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mercredi 28 juin 2006

714 : Je t'en verse un petit ?

Florence reste impassible - comme si elle était hermétique à ma philosophie, on ne me la fait pas. Elle contient ses sanglots, ne se signe pas ni ne tombe à genoux pour implorer le pardon divin, ne noue pas ses lacets autour de son cou, ne s'enfouit pas le visage dans les mains comme un cochon à dénicher les truffes, elle n'appelle pas sa mère, elle ne révulse pas les yeux, ne récite pas Cioran à l'envers et en latin s'il vous plaît. - En tout cas, moi, je prendrais bien un verre, dit-elle stoïquement en ouvrant le frigo... [Lire la suite]
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mardi 27 juin 2006

713 : La vue revient

Je me dis il n'y a rien au monde qui rattache un astre à un autre astre sinon ce grand vide noir. Je me dis elle existe, elle dort à côté dans l'unité 3 avec son mouchoir rouge sous l'oreilller, et pourtant cette idée me laisse froid. Et toutes mes pensées butent sur le même mur. L'infirmière de nuit qui vient distribuer les médicaments me semonce. Vous pourriez mettre un pyjama, c'est plus propre. Je me lève. Je vais à la fenêtre. Le long-courrier de 22 heures trace dans le ciel sa ligne clignotante. Je le suis des yeux jusqu'à ce... [Lire la suite]
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