Ce pourrait être une série de photographies placées les unes à côté des autres (avec parmi elles, peut-être, des peintures d'Impressionnistes) et le regard irait de l'une à l'autre (n'oubliant pas les peintures) pour décrire et raconter ce qu'il y verrait le temps qu'il aurait passé à chaque fois sur chacune d'elles. Ce pourrait être un montage cinématographique dans lequel, alternativement, se présenteraient : deux maçons ; des soldats en Algérie ; un homme et une femme sur le bord d'une falaise, puis contre une barrière ; un manuel de construction de maisons, avec, s'insérant parfois, et on ne serait pas obligé d'un montrer la source, et on pourrait même l'y mettre en superposition, la voix d'un soldat en rage, écœuré et dépité, un soldat à l'accent « faubourien »... Écriture de l'œil et de la bouche. C'est superbe...

(à l'instant, lisant la page 96 où la mer casse les falaises, je pense à Waves de Woolf. Et je fais le rapprochement : n'y aurait-il pas là certaines affinités de langage et de construction ? – Waves a paru quarante ans auparavant...)

22 octobre 1999

Claude Simon, Leçon de choses.
Editions du Lys