Les soirs d'été, les habitants de Sore font des feux de sarments le long de l'Olabide grise. Ils cuisent sur les braises des intestins farcis de petits veaux et chantent des chansons tristes.

Gilbert Lascault, Gens ordinaires de Sore-Les-Sept-Jardins. Editions Gallimard/L'Arpenteur, 1994, p.46.


Qui tue un boeuf rend orphelin un veau... (p.304)

La cruauté gastronomique culmine lorsque le menu annonce : «Côte de veau élevé sous la mère». Tandis que le plat se mitonne à la cuisine on essaie d'oublier les affres de la séparation, l'affolement du veau qui n'a jamais quitté la chaleur du ventre maternel et le désespoir de la vache qui n'ignore pas, depuis qu'elle a vêlé, le traitement qu'on réserve à ce petit qu'elle a materné patiemment mais sans espoir. (p.320)

Philippe Bouvard, Journal 1997-2000. Pocket, 2004.