dimanche 31 mai 2009
1212 : Lectures : Lettre "s"
Le Nouvel Observateur
21/05/2009, p.42.
vendredi 29 mai 2009
1209 : Une apparition
Elle était assise, au milieu du banc, toute seule ; ou du moins il ne distingua personne, dans l'éblouissement que lui envoyèrent ses yeux. En même temps qu'il passait, elle leva la tête ; il fléchit involontairement les épaules ; et, quand il se fut mis plus loin, du même côté, il la regarda.
Gustave Flaubert, L'éducation sentimentale, Editions Garnier-Flammarion n°219, 1969, p.40.
jeudi 28 mai 2009
1208 : Pourquoi ?
Ce qui peut être pensé est sûrement une fiction. Par exemple, je pense maintenant que Roberto Bolaño a participé à l'expédition de Magellan en Patagonie, mais je sais que si j'en cherche une confirmation sur Internet, je ne la trouverai nulle part. C'est pourquoi j'écris ces lignes qui aboutiront sur la Toile et le diront.
Enrique Vila-Matas, Journal volubile. Editions Christian Bourgois, 2009, p.251. Traduction André Gabastou.
lundi 18 mai 2009
1207 : Spookfish
Dolichopteryx longipes, un petit poisson peu spectaculaire vivant à plus de mille mètres de profondeur, est probablement le mieux adapté à une vision en l’absence presque complète de luminosité. A défaut de cristallin, ses yeux sont équipés de miroirs.
Découvert il y a plus de 120 ans, ce poisson au long nez communément dénommé spookfish se caractérisait déjà par la présence de deux paires d’yeux, une au-dessus de la tête et l’autre sur les côtés. Mais personne n’avait pu jusqu’ici pu l’étudier en détail, faute d’en posséder un spécimen vivant.
Cette lacune vient d’être comblée par Hans-Joachim Wagner, de l’université de Tübingen (Allemagne), qui a pu examiner un exemplaire capturé vivant au large des îles Tonga, dans le Pacifique sud. Avec des collègues américains et britanniques, il publie ses conclusions dans la revue Current Biology.
Tout d’abord, les deux paires d’yeux n’en sont en réalité qu’une seule, qualifiée de diverticulaire car chacun d’eux est divisé en deux parties interconnectées, l’une regardant vers le haut et l’autre vers le bas. Mais leur structure, examinée au microscope, se révèle particulièrement étonnante. Et pour tout dire, unique dans le règne animal.
Alors que les yeux de tous les vertébrés (entre autres) focalisent la lumière sur la rétine au moyen d’une lentille, le cristallin, la paroi postérieure de ceux du spookfish est tapissée de plusieurs couches de cristaux réfléchissants, constitués probablement de guanine, qui renvoient la lumière sur une zone sensible située en avant.
Jean Etienne, Futura-Sciences 10/01/2009
dimanche 17 mai 2009
1206 : S. dans le noir
Didier Jacob : «Seul dans le noir» est un roman nourri de solitude et de tristesse. C’est votre état d’esprit du moment ?
Paul Auster : Non, pas vraiment. Je mène une double vie. Il y a de grandes souffrances, mais beaucoup de joie dans les petites choses de la vie. Je suis très attaché aux personnes que j’aime. Mon héros, pour parler du livre, est un gars qui souffre d’insomnie. J’ai remarqué, quand je n’arrive pas moi-même à m’endormir, que les pensées deviennent vite très sombres. C’est comme si on établissait le catalogue de tous les remords de sa vie. On se souvient de tout ce qu’on a fait de mal, de tout ce qui a pu blesser, de toutes les douleurs. Mais au fil de la nuit, quand le matin arrive, l’humeur change. C’est le sujet du livre. L’aube finit par arriver, la famille se réunit, et il y a le petit déjeuner. Le petit déjeuner, c’est la meilleure chose qui puisse arriver à l’humanité: un jour nouveau, on est encore en vie, et il y a les tartines beurrées…
D.Jacob 12/02/2009
samedi 16 mai 2009
1205 : Au 1er coup d'oeil
Le Monde n°20000- 20/05/2009
vendredi 15 mai 2009
1204 : Et souvent - ne voyons pas
Les Admirations - et les Mépris - du temps -
Se montrent les plus justes - par la Tombe Ouverte -
Le Mourir - comme un Sommet
Recompose l'Estime,
Ce que Nous n'avions pas vu
Nous le distinguons clairement -
Et souvent - ne voyons pas
Ce que Nous avions vu avant -
Emily Dickinson, Car l'adieu, c'est la nuit. Ed. Poésie/Gallimard, n°435, 2008, p.225. Traduction Claire Malroux.
mercredi 13 mai 2009
1203 : Foi
La preuve encore par la scène, criante de vérité, où l'on voit Frantz Fanon gisant sur un grabat dans un faubourg de Tunis, tremblant de fièvre et de douleur et trouvant encore l'énergie, entre deux râles, les yeux brillants d'une foi que l'agonie n'a pas entamée, de fourguer à son visiteur sa version du « philosophe-roi » selon Platon : le guérillero africain, peau noire et masque blanc, un fusil dans une main, la « Critique de la raison dialectique » dans l'autre.
B-H. Lévy, Le Point n°1904. 12/03/2009
mardi 12 mai 2009
1202 : Larmes artificielles
Mon oeil gauche est un peu sec. Cela m'inquiète. J'achète à la pharmacie, chez Marguerite Forel, un produit pour l'humecter. Sa composition : 1,4 g de chlorure de sodium, 1 mg de borate de phényl, 1 mg de mercure, 100 ml d'au distillée q.s.p. Ce produit se nomme « Larmes artificielles ». Larmes artificielles : l'expression me fait penser aux larmes de crocodile. Lorsque le crocodile pleure, quelle est la composition de ses larmes ?
Gilbert Lascault, Gens ordinaires de Sore-Les-Sept-Jardins. Editions Gallimard/ L'Arpenteur, 1994, p.96.
lundi 11 mai 2009
1201 : Rétréci
- Afica.
Joe Bell stopped crunching on his Tums, his eyes narrowed.
" So how did you know ? "
Truman Capote, Breakfast at Tiffany's. Penguin Bokks, 1971, p.11.


