mercredi 29 avril 2009

1195 : Spirale

En descendant chercher le courrier, je contemplais dangereusement l'oeil cerclé de la spirale des escaliers comme une cible, les sept étages au-dessous de moi. Je voyais mon corps rebondir de palier en palier, tous les os brisés par la dégringolade.Philippe Forest, Le nouvel amour. Editions Gallimard, 2007, p.129.
Posté par Sparadrap à 13:28:00 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

mercredi 29 avril 2009

1194 : Personne

Je ne vois ici aucun homme, je ne vois nulle trace indiquant que ces lieux sont habités. Point de vaisseau non plus sur lequel je puisse échapper à mon triste sort ! Je mourrai de misère, et personne ici pour me fermer les yeux, personne pour me mettre au tombeau, à moins que des loups, cruels habitants de cette forêt, ne me donnent leur ventre pour sépulture.Ludovic Arioste, Roland Fuieux. Editions GF n°380, 1982, p.105. Traduction C. Hippeau.
Posté par Sparadrap à 13:15:00 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
mardi 28 avril 2009

1193 : Désir réel

En fin de compte, soupçonnant peut être l'inefficacité de tout, j'avais recours au tirage au sort avec des cartes ou des petits papiers pliés dans lesquels je puisais en fermant les yeux. La satisfaction ou, à l 'inverse, le regret que j'éprouvais en lisant la réponse servait à me renseigner sur mon désir réel. Anie Ernaux, L'occupation. Editions Folio n°3902, 2008, p.60.
Posté par Sparadrap à 13:15:27 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
lundi 27 avril 2009

1192 : Mise au pilon

samedi 6 juin On peut dire que la mort se montre chaque fois que vous commencez à vous voir comme les autres vous voient. Philippe Sollers, L'année du Tigre. Editions du Seuil, 1999, p.102.
Posté par Sparadrap à 15:43:00 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
samedi 25 avril 2009

1191 : Ne daigna voir son amitié

The raven with his dismal cries,That mortal augury of Fate,Those ghastly goblins ratifies,Which in these gloomy places wait.On a curs'd tree the wind does moveA carcase which did once belongTo one that hang'd himself for loveOf a fair Nymph that did him wrong,Who thought she saw his love and truth,With one look would not save the youth.Antoine Girard Saint-Amant (1594-1661) Katherine Philips (1632-1664)
Posté par Sparadrap à 19:13:00 - Commentaires [0] - Permalien [#]
vendredi 24 avril 2009

1190 : Yeux de marbre

Et ses yeux disent : - « Je suis le dernier et le plus solitaire des humains, privé d'amour et d'amitié, et bien inférieur en cela au plus imparfait des animaux. Cependant je suis fait, moi aussi, pour comprendre et sentir l'immortelle Beauté ! Ah ! Déesse ! ayez pitié de ma tristesse et de mon délire ! »Mais l'implacable Vénus regarde au loin je ne sais quoi avec ses yeux de marbre. Charles Baudelaire, Le Spleen de Paris. Ed Le livre de poche n°1179, 1971, p.26.
Posté par Sparadrap à 15:27:00 - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags :

mercredi 22 avril 2009

1189 : Quelqu'un qui vous regarde

Nous retrouvons là un trait fréquent du platonisme pathologique : le malade qui adore de très loin une femme respectable, appelle son image dans les moments où il se livre aux occupations les plus basses : lorsqu'il est aux cabinets, lorsqu'il se lave les parties génitales. Elle apparaît alors et le regarde en silence avec des yeux sévères. Baudelaire entretient cette obsession à plaisir : c'est lorsqu'il est couché près d'une "affreuse Juive", sale, chauve et vérolée, qu'il fait naître en lui l'image de l'Ange. L'Ange... [Lire la suite]
Posté par Sparadrap à 15:30:00 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,
mardi 21 avril 2009

1188 : Haut degré de résolution

La cécité effraie. L'oeil est l'organe de la découverte du monde. Ce que peut être la vie de l'aveugle, celui qui ne l'est pas se trouve presque impuissant à l'imaginer, tant il est accoutumé à voir. L'expérience, que chacun a faite, de se déplacer dans le noir le plus complet est sans rapport avec la cécité car, à défaut de distinguer quoi que ce soit dans les ténèbres, celui qui se livre à l'exercice a en mémoire une connaissance de la pièce dans laquelle il se trouve : sa mémoire visuelle. Pour écrire son roman philosophique,... [Lire la suite]
Posté par Sparadrap à 18:19:00 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
dimanche 19 avril 2009

1187 : Mirettes

Voilà bien ces yeux dont la flamme traverse le crépuscule; ces subtiles et terribles mirettes, que je reconnais à leur effrayante malice ! Elles attirent, elles subjuguent, elles dévorent le regard de l'imprudent qui les contemple. Je les ai souvent étudiées, ces étoiles noires qui commandent la curiosité et l'admiration. Charles Baudelaire, Le Spleen de Paris. Ed Le livre de poche n°1179, 1971, p.21.
Posté par Sparadrap à 15:27:00 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
vendredi 17 avril 2009

1186 : Larmes

La nuit tombait. Elle avait les yeux fixés sur la grille.- Tu es Anne. Plus précisément : tu es celle qui ne voulait pas qu'on l'appelle Éliane.Alors Ann Hidden le regarda. Elle hocha la tête. Elle était consternée. Les larmes montèrent à ses yeux sans qu'elle l'eût voulu.Pascal Quignard, Villa Amalia. Folio n°4588, 2007, p.15.
Posté par Sparadrap à 13:09:00 - Commentaires [0] - Permalien [#]