samedi 28 février 2009
1161 : Oeil magique
lundi 23 février 2009
1160 : Une saison en Illumination
Mathilde Verlaine reçut donc seule, avec sa mère, au foyer conjugal, celui qui, avec l'absinthe, allait être, selon ses propres termes, la source du malheur de son mari et, par conséquent, de sa propre souffrance. Elle était enceinte. Elle allait accoucher quelques semaines plus tard. Elle remarque la beauté de ses yeux bleus, ses cheveux hirsutes, son pantalon trop court, son air sain de paysan. Le chaos qu'entraîna cette apparition vénéneuse et angélique fait partie de l'histoire littéraire.
René de Ceccatty, LE Monde des Livres 19/02/09
samedi 21 février 2009
1159 : Palpiter
L’alizé est un vent sirupeux qui se glisse entre les jambes
pour faire palpiter les yeux…
Lys : 21an08
vendredi 20 février 2009
1158 : les fluides taches
L’art suscite souvent l’écriture, il est difficile de rester silencieux devant lui. Si la musique par son immatérialité ne pose jamais de problèmes à la censure par contre les arts, qui font appel à l’œil, peuvent agiter ceux qui redoutent la remise en question des contraintes que les détenteurs du pouvoir nous imposent.
Ils les inventent au fur et à mesure que la panique les gagne. Précédemment il y avait bien l’âme, cet implacable ennemi du corps, aujourd’hui elle semble avoir perdue de son efficacité et les règles religieuses relativement usées sont de plus en plus remplacées par des lois civiles quand l’affolement s’installe.
Paul-Armand Gette 06/02/2009
jeudi 19 février 2009
1157 : L'écran TV (et D.Jacob) une fois éteint, ne laisse aucune trace
Pouvoir hallucinatoire de la lecture qui fait entendre une voix, page après page. Comme la voix des spirites, on ne peut pas l'enregistrer, et pourtant elle est assez réelle et singulière pour que nous en gardions l'insaisissable écho, longtemps après que nous avons refermé le livre. Aussi longtemps qu'on entendra ce chuchotis imperceptible, on continuera de lire. L'écran TV une fois éteint, ne laisse aucune trace de son défilement de silhouettes, sinon un halo lumineux rémanent sur le verre et, en soi, un tumulte de passions qui tarde à s'apaiser, et qui empêchera l'arrivée du sommeil. Ces ombres bariolées, agitées et bruyantes qui prétendaient toutes à une parfaite objectivité n'étaient, produits de la technique, que des illusions, alors que le simple mot imprimé, comme un puissant Golem, garde le pouvoir de faire lever les morts.
Le livre, avec ses pauvres moyens, est décidément du côté du verbe et de la chair, et l'image, dans sa labilité et dans sa prolifération, du côté de la corruption et de la mort.
Jean Clair, Journal atrabilaire. Ed. Folio n°4680, 2008, p.125.
mercredi 18 février 2009
1156 : Images
Mais notre impunité à l'égard de la fabrication des images, nous la payons du prix de notre impuissance. Les images que nous créons, reproduisons, diffusons, exportons et exposons sont infinies, sans limite et sans loi, mais c'est dans le mesure où elles sont devenues, à nos yeux, inoffensives ou insignifiantes.
Jean Clair, Malaise dans les musées. Editions Flammarion, 2007, p.75.
mardi 17 février 2009
1155 : Cum
Autre avantage, et non des moindres : le sperme ne coûte rien. Il est possible d’en trouver assez facilement, pour peu que l’on s’adresse à la personne du bon sexe…» Mais le plus important, bien sûr, c’est que le sperme est aphrodisiaque : «Quoi de plus excitant, affirme Paul, que d’inviter celui ou celle qu’on aime à une petit diner aux chandelles et de lui faire absorber, yeux dans les yeux, cette preuve d’amour réciproque ?»
Agnès Giard. Libération du 13 février 2009.
lundi 16 février 2009
1154 : Une nouvelle vision du monde
Rongier exprime essentiellement l'état de sidération consécutif à la disparition de l'être aimé. L'endeuillé s'affronte à l'absence dans des détails, des coïncidences, des parallélismes temporels. C'est le jour où le fils essayait des lentilles de contact que l'accident est survenu, et le voilà, l'œil sec, condamné à une nouvelle vision du monde, ainsi qu'à une lecture rétrospective des événements.
En 1960, un écrivain prénommé Albert (en transparence, Camus) est mort dans une Facel Vega qui a fini sa route dans le champ de la famille de la mère du narrateur, près d'une ville nommée Sens. Confronté à ce télescopage, aux traces de la mémoire et du sang, le narrateur tente d'ordonner l'ironie des signes pour se déprendre d'un sentiment d'absurdité. Pas gai, pas triste non plus. Juste impressionnant de maîtrise, d'intelligence, de pudeur.
Sébastien Rongier, Ce matin. Éditions Flammarion, 2009.
Jean-Marc Parisis
Le Figaro Magazine du 13-02-2009.
dimanche 15 février 2009
1153 : Les livres
Autrefois, je lisais des livres que je n'avais pas les moyens d'acheter. Il me fallait les emprunter ou bien courir les lire en bibliothèque. Aujourd'hui j'achète des livres que je n'ai pas le temps de lire et dont je vois, avec désespoir, les piles monter devant mes yeux.
Jean Clair, La tourterelle et le chat-huant, Éditions Gallimard, Collection L'un et l'autre, 2009, p.102.
dimanche 8 février 2009
1152 : Heureux
T'es beau,
T'es beau parce que t'es courageux,
De regarder dans le fond des yeux,
Celui qui te défie d'être heureux.
Pauline Croze, T'es Beau. Edition limitée, 2005.
