DEFENSE DE SALIVER DES YEUX !

«On peut dire que la mort se montre chaque fois que vous commencez à vous voir comme les autres vous voient.» ( Philippe Sollers)

lundi 26 janvier 2009

1146 : Milah

Adam ferma les yeux. Il eut un bref élancement dans le ventre. Il se sentait Juif jusqu'au plus profond de lui-même. Petit est le prépuce, grande est la Milah !

Pierre Bourgeade, Les âmes juives. Pocket n°10669, 1999, p.101.


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dimanche 25 janvier 2009

1145 : Le même regard

Et il est reparti dans la rue du hameau désert car nous étions seuls ce jour-là, par une chaude et orageuse journée d'automne, nous gardions la maison, et quasiment le village, et c'est pour ça qu'il m'avait tourné autour, ce gamin un peu sale, bouseux, avec une culotte courte et de grosses chaussures, des cheveux en broussailles, et des yeux immenses trop clairs.
Je l'ai revu bien des années après, il devait avoir 16 ans et il m'a jeté le même regard étrange de ses yeux pâles, et rien n'indiquait qu'il se souvenait de quoi que ce soit - mais comment pouvait-il oublier mon gigantesque trouble.

Michel Polac, Journal, Editions PUF, 2000, p.148.


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dimanche 18 janvier 2009

1144 : "Assez douloureux"

La Première secrétaire du PS ne peut pas ouvrir l'oeil en raison de ce problème "assez douloureux'' mais "sans gravité'', précise-t-on de même source. Elle a été examinée mardi soir et mercredi matin par un ophtalmologue de l'hôpital militaire du Val-de-Grâce, qui lui a demandé de limiter ses activités pendant 72 heures.

La Voix du Nord 14/01/2009.


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samedi 17 janvier 2009

1143 : Balin

Qui se souvient de ces actrices françaises des années 30. Surnagent encore pour moi la tristesse des grands yeux noirs de Mireille Balin, sa solitude, ses amours impossibles.

Chandler Le 31/12/ 2008.


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vendredi 16 janvier 2009

1142 : Deux heures ?

Elle m'assomme au bout de dix minutes, elle me vole du temps, alors que lui peut l'écouter pendant deux heures, les yeux dans les yeux, en admirant son cou, ses épaules, ses gestes, sa voix.

Philippe Sollers, Les Voyageurs du Temps, Editions Gallimard 2009, p.11. 


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jeudi 15 janvier 2009

1141 : "Ma vie ne fut rien"

Les femmes des idoles sont donc des fétiches. Ce sont des images féroces et tendres, cruelles et lascives, sauvages et apprivoisées : des vedettes légendaires, proches par l'imagination, glacées, frigides, impassibles. Dentues, carnassières, elles feignent ainsi un sourire permanent. Leurs lèvres semblent humides. Leurs yeux étincelants s'égarent. Elles suggèrent des parfums de musc, de patchoulis, d'ambre mais il ne faut pas s'y laisser prendre.
Certes, comme l'écrit Viviane Forrester : "Ces créatures d'illusion viennent à notre rencontre sur les toiles. Le peintre ramène à la surface un passé où nous reconnaissons, comme dans un miroir sans tain, le fantôme de nos propres visages. Il capte ces visages, ces corps au point exact de leur disparition, divulguant ainsi la structure de l'absence. Nous sommes dans les coulisses de l'ensorcellement.".
Pourtant il ne s'agit que de leurres et de leurres du leurre. Bernard Rancillac exhibe donc la chair et le vide, la présence suggérée et l'absence, et simultanément il les dissimule. D'ailleurs, les stars, comme des fantômes, s'effacent, s'estompent, disparaissent, s'évanouissent.
À ce propos, Rancillac cite une phrase bouleversante de la merveilleuse Louise Brooks : "Ma vie ne fut rien".

Par Jean-Paul Gavard-Perret : Plumart


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dimanche 11 janvier 2009

1140 : Le Taciture a le vertige

Vous ayant dit ce matin que je vous aimais, ma voisine d'hier soir, j'éprouve maintenant moins de gêne à vous l'écrire. Je l'avais déjà senti dés ce déjeuner dans le vieux Nice où vos grands et beaux yeux de biche m'avaient tant troublé que je m'en étais allé aussi tôt que possible afin d'éviter le vertige qu'ils me donnaient. C'est ce regard-là que je revois partout, plutôt que vos yeux de cette nuit dont mon souvenir retrouve surtout la forme et non le regard. De cette nuit bénie j'ai avant tout gardé devant les yeux le souvenir de l'arc tendu d'une bouche entr'ouverte de petite fille, d'une bouche fraîche et rieuse, proférant les choses les plus raisonnables et les plus spirituelles avec un son de voix si enchanteur qu'avec l'effroi et le regret où nous jettent les souhaits impossibles je songeais qu'auprès d'une Louise comme vous, je n'eusse voulu être rien autre que le Taciturne. Puissè-je encore toutefois entendre une voix dont le charme cause de si merveilleuses illusions !

Guillaume Apollinaire, Lettres à Lou. Editions Gallimard/ L'imaginaire, 1990, p.11. 


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jeudi 8 janvier 2009

1139 : Féerie du souper

SOUPER vb. intr. :
Néologisme sémantique. Le Vocabulaire populaire et argotique indique : Regarder avidement (cf. manger des yeux, dévorer du regard).
- Tu mates eh fausse vache ! Monsieur soupe !
- Mais non je soupe pas, menteur ! vampire ! toi qui dévores !


L.F.Céline , Féerie pour une autre fois,1, p.146. Ed.Pléiade.

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mardi 6 janvier 2009

1138 : Présent

Pourquoi se compliquer l'existence, alors qu'on peut faire simple ? Pourquoi voir double, alors qu'on peut voir clair ? Parce qu'au fond, c'est plus facile. Comme il est plus facile de fuir le bonheur, que d'être heureux...
Bienvenue dans la philosophie de Clément Rosset, une pensée inaccessible aux érudits.

France Culture Emission 1/5 : sur "Le réel et son double", et "Principes de sagesse et de folie" Éd.Minuit de Clément Rosset.


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lundi 5 janvier 2009

1137 : Un renard aux yeux verts.

Les mouvements de la tête et des yeux sont différents lorsque vous lisez dans un livre. Sur papier, il y a une limite physique aux pages, vous êtes habitué à ça, vous faites des pauses plus souvent, vous sortez du livre de temps en temps, ne serait-ce que pour tourner les pages ou pour regarder à quelle page et chapitre vous en êtes rendu, combien il en reste et tout ça.

Bonne année 2009 : en couleur, bonheur, paix, paix et paix, de l'amour, plein de câlins, tendresses, santé, rêves, arts, lectures nourrissantes et la mer, des plages avec du sable blanc, des pieds qui font pas mal, des forêts enchantées, des coffres en cèdre remplis de vieilleries précieuses imaginaires, des gâteaux, des envies de déplacer les montagnes, des fous rires, des lubies, des chimères, un grand soleil tout rond et un renard aux yeux verts.

Annie S. samedi 3 janvier 2009


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