mardi 30 décembre 2008
1134 : Grâce
Tous ceux qui se sentent laids ont des yeux de lynx.
Nicole Avril, La Disgrâce. Editions Albin Michel, 1981.
samedi 27 décembre 2008
1133 : Fantômes
« La première trace humaine, dit Brassaï, ce sont deux yeux, deux trous parallèles creusés dans la pierre, les yeux du mur.»
Pouvoirs de l'esprit : ce n'est pas un théâtre destiné à d'autres, c'est un théâtre qui vient de l'oeil et qui aboutit à l'oeil. C'est une focalisation de l'oeil.
Voir l'oeil, c'est dénuder le visage.
Pascal Quignard (La nuit sexuelle) cite Saint Augustin : « Qu'est-ce qu'un homme ? Des yeux et des fantômes.»
Je m'aperçois que lire, dehors, dans un parc ou dans un train, est peut-être la seule chose qui m'empêche de voir. Lire, c'est en quelque sorte voir autrement.
Jean-Luc Hennig, Stratégie du voyeur. L'infini n°105, hiver 2008, p.51.
lundi 15 décembre 2008
1132 : L’OISELEUR
Je vais
dormant.
Rêvant
de chevaux doux
de grandes terres brunes noyées,
d’hiver pâle
sur un chemin d’herbes humides et de rivière cachée
avec soleil et vent sous un ciel d’aquarelle délavé
et subtil
Et je deviens musique
Et sa bouche à ma bouche me fait fermer les yeux.
dimanche 14 décembre 2008
1131 : ojo

Sint Pieters Leeuw. 23 avril 08.
mardi 9 décembre 2008
1130 : Albertine
Une maison. Ici des petits livres. Et nous pouvons cligner de l’œil, fermer les yeux ou les ouvrir très grands. Dans le noir. Ici des livres comme des jours nouveaux. Des récits, des poèmes, des petits textes, voilà tout.
Dominique Tassel des éditions Albertine, fondées en 2006.
lundi 8 décembre 2008
1129 : Mauricette est vivante
Après un dernier coup d’œil à son miroir, Mauricette...
Elle ferma les yeux, mais ...
Les yeux fermés, elle ...
(les formes généreuses de sa poitrine) ... facultatif
samedi 6 décembre 2008
1128 : "Un seul regard reprend tous les regards"
Qui dira notre nuit
Sinon nous-mêmes ?
Nous qui touchons hors nous le non-voir
nous portons le non-dire
Qui d’autre sinon nous-mêmes
Pour nommer ce qui sans cesse advient :
Lenteur du jour et langueur
Fureur du jour et frayeur
Imminente joie ardente
Immédiate mort atroce
Au plus noir du non-voir
La clarté lunaire rouvre le jardin :
D’heure en heure
revit le cycle nocturne
Pour peu que nous le désirions (...)
François Cheng, Le Long d'un amour, Editions Arfuyen, 2003