dimanche 30 octobre 2005

522 : Canards, pigeonnes, poulardes, cygnes.

DANS UN OMNIBUS DE LONDRES Les yeux d’une morte M’ont salué, enchâssés dans un visage stupide Dont tous les autres traits étaient banals, Ils m’ont salué Et alors je vis bien des choses Au-dedans de ma mémoire Remuer, S’éveiller. Je vis des canards sur le bord d’un lac minuscule, Auprès d’un petit enfant gai, bossu. Je vis les colonnes anciennes en « toc » Du Parc Monceau, Et deux petites filles graciles, Des patriciennes  ... [Lire la suite]
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samedi 29 octobre 2005

521 : La mort au bout de l'appareil photo

Un homme de 56 ans a été battu à mort, jeudi, dans un quartier sensible d'Epinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis). C'était en plein après-midi, et la victime circulait avec femme et enfant dans l'une des rues du quartier d'Orgemont quand son regard a été attiré par les réverbères, d'un modèle original. Employé dans une société qui fabrique du mobilier urbain, il décide alors de se garer pour les photographier. Confusion. Mais, dans ce champ de tours HLM, son initiative a, semble-t-il, été mal perçue. Selon les premiers... [Lire la suite]
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vendredi 28 octobre 2005

520 : Le laquais à demi aveugle des Ojoguine

... J'allai le lendemain chez Ojoguine. Le laquais à demi aveugle s'élança de son banc à mon apparition avec la rapidité de l'éclair. Je lui dis de m'annoncer. Il obéit précipitamment et revint aussitôt. «   Veuillez vous donner la peine d'entrer », me dit-il. J'entrai dans le cabinet de Cyril Matvéitch... À demain. Ivan Tourgueniev : Le Journal d'un homme de trop. le Livre de Poche, 2000, p.77.  http://jydupuis.apinc.org/vents/tourgueniev-1.pdf   http://www.tourgueniev.com/
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jeudi 27 octobre 2005

519 : Aux yeux qu'on n'a jamais revus

Les passantes Je veux dédier ce poèmeA toutes les femmes qu'on aimePendant quelques instants secretsA celles qu'on connaît à peineQu'un destin différent entraîneEt qu'on ne retrouve jamais A celle qu'on voit apparaîtreUne seconde à sa fenêtreEt qui, preste, s'évanouitMais dont la svelte silhouetteEst si gracieuse et fluetteQu'on en demeure épanoui A la compagne de voyageDont les yeux, charmant paysageFont paraître court le cheminQu'on est seul, peut-être, à comprendreEt qu'on laisse pourtant... [Lire la suite]
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mardi 25 octobre 2005

518 : "Préoccupé, je ne voyais pas."

Votre formation, vous l'avez donc faite seul. Vous écrivez: «C'est Bruegel, Rembrandt, Teniers, Van Ostade et les autres qui furent mes véritables maîtres»... Oui, ce sont eux qui ont formé mon œil à la composition, qui m'ont appris ce que c'était que le corps dans l'espace et le placement des personnages les uns par rapport aux autres. Ce sont ces moments de ballet que j'aimais enregistrer. Mais attention: une photo se mérite; on ne vous l'offre pas sur un plateau d'argent! Il faut anticiper, espérer et, à un moment, déclencher.... [Lire la suite]
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lundi 24 octobre 2005

517 : " Je suis dans l'œil de la tempête."

Donner un appareil de photo à Diane Arbus, c'est comme mettre une grenade dégoupillée entre les mains d'un enfant." C'est là une de ces formules chocs dont l'écrivain Norman Mailer avait le secret. Il en savait quelque chose. La photographe américaine a tiré son portrait : avachi dans un fauteuil, jambes écartées, regard arrogant. Et cette image figure dans la rétrospective fleuve ­ - plus de 200 épreuves provenant de collections prestigieuses, des centaines de documents ­ - que le Victoria and Albert Museum de Londres consacre,... [Lire la suite]
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dimanche 23 octobre 2005

516 : "dès que les deux fleurs dans son visage s'étaient ouvertes..."

   Il était maintenant fixé, et tout ce qu’il avait remarqué chez sa petite fille s’éclairait désormais. Elle était aveugle. La jeune âme méconnue, ignorante de ce qu’étaient les objets, avait été livrée sans défense à la nuit perpétuelle et n’avait point su de quoi elle était frustrée.    À l’instant même où il venait de faire cette découverte, Abdias envoya chercher le médecin, qui demeurait bien loin, à la ville. Il ne vint que le lendemain matin et sa science confirma ce qu’Abdias avait deviné. La manière... [Lire la suite]
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samedi 22 octobre 2005

515 : "Rangés comme sur les degrés d'un poulailler'

Dans cette image prise le 19 octobre à Bagdad, l'espace est organisé par la chorégraphie des regards. Qui tous convergent vers un seul d'entre eux, deux yeux noirs qui règnent au premier plan. Des regards qui se taisent, un regard qui parle. Au doigt et surtout à l'oeil, Saddam Hussein, assis avec quelques-uns de ses acolytes sur le banc des accusés du tribunal spécial chargé de juger leurs crimes, est toujours, à leurs yeux, le raïs, le parrain, le tyran. Il suffit de jauger la mine de l'homme assis à sa droite. Le demi-sourire... [Lire la suite]
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vendredi 21 octobre 2005

514 : « La lumière ne vient pas du dehors. Elle est en nous. »

Rien, pas une plainte, pas un regret, pas une colère. Au contraire, un optimisme ravageur, une vaillance hors norme, une foi d'airain et même une manière de gratitude pour le destin qui, en le privant de ses yeux, a développé chez lui ce qu'il nommait le regard intérieur. Etonnant, stupéfiant, foudroyant Lusseyran. Le mot qu'il détestait le plus et tenait pour un défaut, c'était «la banalité». Sa vie brève n'y tomba jamais. Elle fut une exception française. Il l'a racontée, avant de mourir, dans un récit autobiographique. Lisez-le,... [Lire la suite]
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jeudi 20 octobre 2005

513 : À quelle heure demain ?

Au directeur des Messageries maritimeslettre dictée à Isabelle RimbaudMarseille, 9 novembre 1891.UN LOT : UNE DENTSEULE.UN LOT : DEUX DENTS.UN LOT : TROIS DENTS.UN LOT : QUATRE DENTS.UN LOT : DEUX DENTS.Monsieur le Directeur,Je viens vous demander si je n'ai rien laissé à votre compte. Je désire changer aujourd'hui de ce service-ci, dont je ne connais même pas le nom, mais en tout cas que ce soit le service d'Aphinar. Tous ces services sont là partout, et moi, impotent, malheureux, je ne peux rien trouver, le premier chien dans la rue... [Lire la suite]
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